DDDÉBRIEF DE LA SEMAINE DU 19 AVRIL 2021

Propulsé par le lanceur Falcon 9, le vaisseau Crew Dragon 2 de Space X a décollé sans faux pas depuis Cap Canaveral en Floride, ce vendredi 23 avril. Dans le cadre de la mission Alpha 9, l’engin de la société d’Elon Musk a transporté le temps d’une journée une équipe de 4 astronautes à destination de la Station Internationale Spatiale (ISS) pour procéder au roulement des équipes internationales sur place. Parmi les membres désignés, figurent les Américains Megan McArthur et Shane Kimbrough, la commandante de bord, le Japonais Akihiko Hoshide et le célèbre français Thomas Pesquet. Bien arrivés ce samedi à 11h10, ils poursuivront durant 6 mois des recherches scientifiques sur l’environnement spatial. Thomas Pesquet ne devra, à cette fin, réaliser pas moins de 232 expériences à lui seul durant leur séjour dans l’espace. Grâce aux récents succès de sa très innovante startup Space X, le président de Tesla s’impose progressivement dans le domaine de la conquête spatiale.

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Des milliers d’individus ont protesté cette semaine dans cent villes de Russie pour soutenir Alexeï Navalny et dénoncer les conditions délétères de sa détention. En répression, les forces armées ont arrêté à ce jour près de 1200 manifestants. Incarcéré depuis son retour sur le territoire en janvier, le premier opposant au Kremlin avait entamé une grève de la faim le 31 mars, s’indignant de son traitement pénitentiaire. Pour cause, il avait été privé de visite médicale alors qu’il souffre d’une sévère perte de sensibilité dans les jambes et les mains, probablement due à l’empoisonnement dont il a été victime en août, et d’une double hernie discale lombaire, une grave rupture des disques de la colonne vertébrale. Du fait de sa sous-nutrition, sa condition physique et son état de santé altérés révélaient en début de semaine un « grave danger » d’après les experts de l’ONU. Menacé par les Etats-Unis de « conséquences » significatives si le dissident mourait, le gouvernement russe a organisé son déplacement depuis son centre de détention vers une clinique de tuberculeux. Contrairement au discours des autorités qui évoquait un état « satisfaisant », ses médecins proches ont dit craindre sa mort et ont de fait, prié Navalny de mettre un terme à son action militante. Ayant une confiance inconsidérée en son équipe de soin, l’adversaire premier à Poutine a annoncé ce vendredi qu’il suivrait leur volonté et qu’il arrêterait sa grève de la faim.

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Bien qu’ayant entériné le caractère antisémite de l’assassinat de Sarah Halimi en avril 2017, la Cour de Cassation a rendu mercredi 14 avril un arrêt qui confirme l’impossibilité de traduire en justice son meurtrier. En proie à des « bouffées délirantes » Kobili Traoré, musulman de 27 ans l’avait rouée de coups avant de la jeter par-dessus le balcon de leur HLM de Belleville, clamant « Allah akbar » et récitant des versets du Coran. Le parquet de Paris a argué s’être conformé à l’article 122-1 du Code pénal afin de statuer, lequel requiert le discernement et l’absence de troubles psychiques pour pouvoir caractériser un agresseur de responsable, le juger et le condamner. La décision a avivé une très forte émotion chez la communauté juive et un vif débat dans l’ensemble de la population et de la classe politique, qui se montrent de plus en plus défiants à l’égard de la justice. « Décider de prendre des stupéfiants et devenir alors « comme fou » ne devrait pas, à mes yeux, supprimer votre responsabilité pénale » a estimé Emmanuel Macron ce jeudi 22 avril, revendiquant l’obtention d’un procès pour la famille Halimi et une réforme législative dans le but d'éviter de telles décisions judiciaires. En effet, si le juge est responsable d’interpréter et d’appliquer la loi, c’est au législateur d’établir des normes et des règles pour remédier à ses défauts. Devant le Sénat, deux propositions de loi ont pour ce motif déjà été soumises, notamment dans le but juger les criminels drogués, sans troubles psychiques avérés.  La famille de la sexagénaire ne baisse pas les bras face à cet échec pour obtenir un procès ; elle devrait se rendre en Israël, où la loi pénale peut s’appliquer à des crimes antisémites commis à l’étranger et dénoncés par des citoyens israéliens, et faire appel à la Cour Européenne des droits de l’Homme.

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C’est le nombre d’Arméniens, de Grecs et d’Assyriens tués lors des déportations systématiques de la Première Guerre Mondiale. Le génocide des Arméniens a officiellement commencé le 23 avril 1915, soit il y a 106 ans et un jour, au sein de l’Empire Ottoman. Ce samedi 23 avril, des dizaines de milliers d’Arméniens ont défilé dans les rues, émus, des bougies à la main pour commémorer les actes atroces qu’ont subits leurs ancêtres pendant plus d’un an. Afin de rendre hommage à la communauté arménienne et faire acte de son soutien, Joe Biden a qualifié le massacre qu’elle a connu par le terme de « génocide ». « Les Américains honorent tous les Arméniens qui ont péri dans le génocide » a-t-il écrit dans un communiqué, ajoutant « Nous affirmons l’histoire. Nous ne faisons cela pour accabler quiconque mais pour assurer que ce qui s’est passé ne se répète jamais ». C’est la première fois qu’un chef d’état américain reconnaît ainsi leur extermination. En réponse, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé « la politisation par des tiers » de cette époque de l’histoire et une forme de populisme dans l’action de Biden.

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« Les Etats-Unis seront en mesure de réduire de moitié leur émissions de gaz à effet de serre d’ici à la fin de cette décennie. Ces mesures mèneront l’Amérique vers une économie à émission nette et nulle au plus tard en 2050 »

A assuré Joe Biden lors d’un sommet sur le climat réunissant 40 dirigeants de grandes puissances mondiales, jeudi 22 avril. Pour ce faire, il a annoncé le déploiement de 2000 mds de dollars à des fins d’investissements durables et un déblocage de 100 mds dans le but d’orienter les pays en développement à agir dans cette voie. Le président américain est toutefois resté évasif sur les moyens qu’il mettra concrètement à l’œuvre pour y parvenir, redoutant la majorité républicaine au Sénat et le vote à 60% de voies, estimés un frein à son action. Avec un premier objectif de réduction de 50 à 52% des émissions de gaz à effet de serre avant 2030, les Etats-Unis s’engagent à devenir un moteur dans la lutte pour le climat. Avec cette ambition, le président américain, qui avait fait du combat un argument phare de campagne, a invité les plus gros pollueurs du monde, en particulier la Chine, à se joindre à ses initiatives. Tout comme XI Jinping, protagoniste en ce domaine, Jair Bolsonaro a confirmé son investissement dans la bataille contre le réchauffement climatique, prônant notamment son souhait de réduire la déforestation en Amazonie. A l’aube de la Cop 26, qui se tiendra début novembre à Glasgow, l’évènement marque un « tournant » très positif pour l’ONU, la Silicon Valley mais surtout pour le monde entier.