DDDÉBRIEF DE LA SEMAINE DU 4 AVRIL 2022

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Frappé par une flambée des prix historique, le Sri Lanka traverse actuellement sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948. En effet, le Covid-19 et l’arrêt du tourisme ont mis son économie à bout de souffle et ont drastiquement réduit l’entrée des devises, alors que le pays asiatique en a cruellement besoin pour rembourser ses importantes dettes et importer des produits de première nécessité. A cette situation économique inextricable, s’ajoute l’explosion des prix mondiaux du pétrole provoquée par le conflit russo-ukrainien. Ainsi, depuis plusieurs semaines de longues files d’attente se forment devant les stations-essence du pays asiatique. Signe de la gravité de la situation, quatre personnes sont déjà mortes d’épuisement ou lors d’affrontement dans ces queues, forçant l’Etat à déployer l’armée pour essayer de maintenir l’ordre. En outre, du fait de la chute de la monnaie nationale, la roupie sri-lankaise, face au dollar, toutes les importations deviennent plus chères, engendrant des pénuries de nourriture, de carburant, d’électricité et de produits pharmaceutiques. Ce mardi 12 avril, le Sri Lanka s’est déclaré en défaut de paiement sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars. Le ministère des Finances a précisé que ce défaut de paiement concernait l’ensemble des obligations extérieures, y compris les prêts accordés par des gouvernements étrangers, en prévision d’un sauvetage par le Fonds monétaire international.

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Ce jeudi 14 avril, le gouvernement conservateur du Royaume-Uni a annoncé la signature d’un accord avec Kigali, capitale rwandaise, stipulant l’envoi au Rwanda des migrants qui traversent la Manche illégalement. Cette mesure, à plusieurs millions de dollars pour Londres, a pour but de décourager les passages clandestins, dont le contrôle est actuellement confié à la Royal Navy. Pour Boris Johnson, « En finir avec l’immigration illégale est le seul moyen d’accueillir ceux qui ont vraiment besoin de protection ». Alors que le Premier Ministre britannique avait promis de contrôler l’immigration, un des sujets clés dans la campagne du Brexit, le nombre de traversées illégales de la Manche a triplé en 2021, et la mort de 27 migrants dans un naufrage fin novembre a marqué le pays. A un mois des élections, ce durcissement de la politique migratoire britannique par Boris Johnson a provoqué l'indignation de l'opposition et des associations humanitaires. Amnesty International a qualifié le contrat d’ «  idée scandaleusement mal conçue” qui “fera souffrir tout en gaspillant d’énormes sommes d’argent public”, soulignant aussi le “bilan lamentable en matière de droits humains” du Rwanda.

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Tout comme en 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont été qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle dimanche 10 avril avec respectivement 27,8% et 23,2% des suffrages. Face à une issue qui s’annonce bien plus serrée qu’il y a 5 ans, les candidats luttent pour attirer les différents électorats, et principalement celui de Jean Luc Mélenchon arrivé en 3ème position avec 22% des voies. A cette fin, E.Macron a souligné qu’il envisage une limitation de l’âge minimum de départ à la retraite à 64 ans au lieu de 65, laquelle pourrait être discutée par un référendum. En outre, il a fait la promesse de mettre en avant l’écologie dans ses plans lors de plusieurs meetings, rares de sa part au premier tour. De son côté, M.Le Pen concentre ses efforts sur le pouvoir d’achat et se montre adoucie sur l’immigration, tout en conservant un projet radical et multipliant les déclarations populistes. En outre, elle a évoqué un souhait de « révolution référendaire », une façon de donner davantage la parole aux citoyens, qui fait écho au RIC proposé par le leader de la France Insoumise. Ce dernier, qui rassemblait 7 millions d'électeurs au premier tour, ne compte « pas donner une seule voie à madame Le Pen » et incite ses partisans à répondre, depuis mercredi, à un sondage sur leur intention de vote avec 3 choix possibles : « blanc/nul » ; « abstention » ; « Macron ». D’autres nombreux candidats, dont V.Pécresse, F.Roussel, Anne Hidalgo ou encore Y.Jadot, souhaitent faire barrage à l’extrême droite et appellent leurs électeurs à voter pour Emmanuel Macron. En ce qui concerne E.Zemmour et N.Dupont-Aignan, ils soutiennent Marine Le Pen. Alors que les sondages annoncent 55% des voies pour le président sortant, beaucoup d’attentes reposent sur le débat d’entre deux tours qui se déroulera mercredi 20 avril. Il y a 5 ans, 16,5 millions de Français avaient suivi ce débat révélateur en direct, lequel avait porté préjudice à Marine le Pen.

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C’est le nombre de représentants de l’UE expulsés ce vendredi 15 avril par la Russie à Moscou en réponse à la décision prise par Bruxelles d’exclusion de diplomates russes, le 5 avril. Outre de courantes menaces d’embargo et des restrictions supplémentaires sur les échanges commerciaux, des sanctions européennes ciblant 1002 individus et 32 entités, dont des hommes d’affaires et de hauts responsables militaires russes, ont en effet été appliquées pour réprimer les actions « perturbatrices et illégales » de membres de la mission russe en Ukraine. De plus, 19 représentants de la Russie ont été déclarés « personae non grata », personnes non bienvenues, pour « activités contraires » à leur statut au sein de l’UE. Pour justifier sa riposte, la Russie a dénoncé « la responsabilité de l’UE dans la destruction constante de l’architecture de dialogue et de coopération bilatérale » depuis l’offensive russe en Ukraine menée depuis le 24 février. Selon l’UE, cette expulsion demeure « injustifiée » et cette mesure ne fait « qu’aggraver » l’isolement international de Moscou. Autre action étrangère ayant réveillé les foudres la Russie, un tir de deux missiles, ce jeudi 14 avril, a entraîné la perte en Mer Noire du navire le plus important de la flotte russe, le Moksa. Revendiqué par l’Ukraine, ce tir a provoqué des centaines de morts parmi l’équipage et a accablé et symboliquement et militairement le Pentagone.

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"Je sais que la haine subsiste (...). Je vous demande aujourd'hui de me détester avec modération. Je veux vous dire aussi que je présente mes condoléances", Salah Abdeslam.

 

Vendredi 15 avril, s’est achevé le procès de Salah Abdeslam, seul auteur toujours en vie des attentats du 13 novembre. Après trois jours de comparution devant la Cour d’assises spéciale de Paris, l’accusé a demandé « le pardon » des victimes lors de son dernier interrogatoire. En larmes, le commanditaire des attaques a expliqué ne pas regretter de ne pas avoir mené au bout une opération-suicide dans un café du XVIII è arrondissement. Dans la salle, à tensions palpables, il a déclaré y avoir renoncé « par humanité ». Malgré de très nombreuses questions et mises en exergue des contradictions de ses dires par la justice et les civils, il est resté campé sur « sa vérité », puis a décidé de garder le silence. Mardi 19 avril, s’ouvriront à Bruxelles les procès de ses 14 complices présumés.

Le 13 novembre 2015 a eu lieu la série d’attentats la plus meurtrière en France, avec 130 morts. Plusieurs équipes de terroristes ont opéré simultanément à Paris et à Saint-Denis lors de fusillades et attentats-suicide, dont celle du Bataclan.