DDDÉBRIEF DE LA SEMAINE DU 15 FÉVRIER 2021

Cette semaine a été marquée par de multiples manifestations violentes sur le territoire espagnol en réaction à la condamnation du rappeur Pablo Hasel. L’artiste originaire de Barcelone a été condamné à neuf mois d’incarcération pour motif d’« injures à la Couronne et aux institutions de l’Etat » et d’éloge du terrorisme . En cause, des tweets et une chanson insultant le Roi Juan Carlos et la police et faisant l’apologie du Groupe de résistance antifasciste du 1er octobre, Grapo, une organisation terroriste d’extrême gauche. Le monde culturel hispanophone s’est largement prononcé en faveur de la libération du rappeur, dont 200 personnalités, parmi lesquelles le réalisateur Pedro Almodovar et l’acteur Javier Bardem qui ont demandé sa libération dans une tribune le 8 février. Ils dénoncent massivement une atteinte à la liberté d’expression. Face à la montée de la controverse, le gouvernement espagnol a annoncé lundi 15 février une réforme des délits liés à des excès dans l’exercice de la liberté d’expression afin que seules « les conduites qui supposent clairement un risque pour l’ordre public » soient sanctionnées. Il propose des peines dissuasives pour répression tout en excluant « les excès verbaux commis dans le contexte de manifestations artistiques, culturelles ou intellectuelles » du code pénal pour éviter « un frein à la liberté d’expression ».

La fièvre hémorragique Ebola a refait surface début février en RDC et Afrique de l’Ouest où l’épidémie avait entraîné la mort d’11 300 individus sur 28 600 cas recensés, sur la période 2013-2016. Depuis sa reprise, le virus d’une grande mortalité mais de faible contagiosité a contaminé huit individus parmi lesquels cinq sont décédés. Il s’agit de la 12ème vague de contagion par l’Ebola qui s’explique par la présence du microorganisme dans d’autre vecteur que le simple corps humain et donc sa difficile éradication. Face au parasite originaire d’Afrique centrale, qui se transmet par fluides et provoque fièvre, maux de têtes, vomissements, les autorités se déclarent cependant mieux préparées qu’il y a cinq ans. Grâce à leur expérience pour éteindre la transmission, issue d’un suivi intensif des cas, les États se sont en effet estimés compétents pour assurer une bonne gestion de l'événement sanitaire, en particulier par des messages de prévention et l’usage de la vaccination.  La RDC et la Guinée s’attendent à recevoir non loin d’11 000 doses de vaccins par l’OMS ce dimanche 21 février, remède complété par la mobilisation de 100 experts médicaux nationaux.

Mercredi 17 février, un texte de loi a été soumis à l’Assemblée nationale, lequel vise à reconnaître l’existence d’un « Covid long » dont souffrirait 10 à 15% des français l’ayant déjà contracté. Le projet juridique vise à prendre en charge les complications subies par les individus, pourtant guéris, qui souffrent encore de symptômes, comme une fatigue extrême, des difficultés respiratoires ou une perte d’odorat et de goût, six mois après avoir été contaminés. Par ailleurs, Emmanuel Macron a communiqué ce jeudi sa volonté de transférer 3 à 5% des vaccins détenus par les pays riches à l’Afrique. Le président, soucieux d’égalité d’accès au soin au niveau intérieur et mondial, a jugé que ce don « n’aurait aucun impact sur la stratégie vaccinale » des pays développés. Il souhaite lutter contre « une accélération des inégalités mondiales inédites », une idée « insoutenable à ses yeux », volonté soutenue par Angela Merkel. Autre mesure en jeu cette semaine, le gouvernement a mis en ligne un sondage quant à un passeport vaccinal pour accès aux lieux publics de divertissement, déjà adopté par Israël.

C’est le nombre d’indépendantistes élus au gouvernement néo-calédonien, adhérents au FLNKS, le Front de libération national kanak et socialiste, sur un total de 11 membres. Auteur des élections, le Congrès porte ainsi les partisans de l’indépendance à la majorité, une première depuis la signature en 1998 de l’accord de Nouméa qui prévoit le transfert de compétences françaises à la Nouvelle Calédonie. Le vote intervient à la suite de la démission des élus du FLNKS, début février, cause de la chute du gouvernement collégial. Les membres nouvellement élus doivent encore procéder au choix d’un président et d’un vice-président pour compléter l’équipe au pouvoir. Malgré la tenue d’un référendum en 2020 à propos de l’indépendance du pays, avec pour résultat 53,46% des voix contre, la composition du gouvernement éveille les espoirs des pro-indépendants d’une troisième consultation du peuple. La question d’émancipation politique vis-à-vis de la France est un sujet sensible parmi la population, profondément divisée entre autochtones Kanak et français héritiers de la colonisation.

« Je suis pris en otage. Cette villa a été transformée en prison. […] Je suis toute seule en isolement sans accès à une aide médicale, sans procès, sans accusation, rien »

A confié la princesse Latifa Al Maktoum, fille de l’émir de Dubaï disparue depuis 2018, dans une vidéo rendue publique par la BBC et SkyNews ce mercredi 17 février. La jeune femme de 35 ans affirme avoir été enfermée dans des conditions précaires après avoir tenté de s’évader en 2018 de la riche cité-Etat du Golfe par bateau. Cette même année, elle avait déjà évoqué un épisode de plus de trois ans de « torture » et « d’emprisonnement » par son père, Mohammed ben Rached al-Maktoum, à la suite d’une première démarche de fuite en 2002. Ce sont les proches de Latifa, inquiets de n’avoir aucun signe de vie depuis plusieurs mois, qui ont transmis ses propos aux chaînes de TV.  En réaction, l’ONG Human Right Watch et Amnesty International ont réclamé à l’ONU d’agir pour sa libération et le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, a exigé des preuves de vie, relatant ses inquiétudes quant à « ce cas difficile ». Ce vendredi, la famille de la princesse a assuré qu’elle est « prise en charge chez elle, soutenue par des professionnels de santé » et que son état de santé s’améliore. L’ONU attend cependant des preuves pour confirmer la validité des dires. En raison des conditions de détention dans laquelle Cheikha Latifa a prétendu se trouver, les ONG accusent les Emirats de violation des droits humains et de répression d’une voie critique, blâme fréquent envers l'État.

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