Dauphine Discussion Débat,  2008-2009

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Ségolène Royal

PS

Fonction actuelle* :

    Député,                                                       Présidente de la Région Poitou-Charentes      Ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance.   Ministre déléguée à l’Education scolaire              

12 avril 2005

Date du débat :

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*Les fonctions indiquées sont celles occupées ou ayant été occupées par les invités aux moments de leurs interventions.

   Photo : Service photographique de l'Assemblée nationale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation

Mme. Royal,

Née le 22 septembre 1953 à Dakar au Sénégal, vous êtes la fille d'un officier politiquement à droite et la sœur de quatre frères. Vous faites de brillantes études à Paris : diplômée de Sciences-po et de l'ENA, promotion Voltaire comme un certain François Hollande... Vous aurez avec lui 4 enfants. C'est aussi avec lui que vous débuterez en politique. Vous êtes en effet tous 2 remarqués par Jacques Attali, et ensemble vous serez nommés conseillers à l'Elysée en 1982.

Mais c'est en 1988 que votre carrière politique démarre vraiment, car vous adhérez au PS ; immédiatement, François Mitterrand vous parachute dans les Deux-Sèvres, où vous êtes élue députée. En 1989, vous êtes élue au conseil municipal de la ville de Melle. Vous commencez à vous faire remarquer grâce à des interventions sur des sujets variés : prises de positions contre l'heure d'été, contre la violence et le sexe à la télévision (en y consacrant un livre intitulé Le Ras-le-bol des bébés zappeurs)… Vous vous engagez fortement en faveur de l'appellation d'origine du fromage de chèvre chabichou, ou pour le label des vaches parthenaises.

En 1992, votre carrière s'accélère : vous êtes nommée ministre de l'environnement. Cependant, la dure défaite de la gauche en 1993 vous coûte votre ministère, mais pas votre siège de députée : vous êtes une des 60 députés socialistes à avoir résisté à une vague bleue sans précédent. Peu importe. Vous avez acquis une réputation de bûcheuse en menant activement votre carrière politique tout en veillant scrupuleusement à l'éducation de vos enfants ; vous êtes de plus une féministe convaincue. Mais ce n'est pas la seule image que vous donnez. Vous faîtes preuve d'un très fort caractère qui fait de vous quelqu'un de déterminé, mais aussi d'implacable et d'exigeant. On vous dit notamment très dure avec vos collaborateurs, desquels vous exigez un travail énorme et une certaine abnégation. Pendant cette cure d'opposition, vous vous renforcez sur la scène locale en mettant à profit vos sièges de conseillère générale et régionale acquis en 1992. En 1995, vous quittez le conseil municipal de Melle pour celui de Niort, fief plus important. Vous reprenez aussi vos études en passant le concours d'avocat au barreau de Paris, et vous entrez dans un cabinet.

En 1997, la dissolution ratée de Jacques Chirac vous permet de revenir au gouvernement, et vous devenez ministre déléguée à l'enseignement scolaire, sous la houlette du controversé Claude Allègre. Vous légiférez notamment contre le bizutage, relancez les ZEP, mettez en place le Fonds Social pour les cantines scolaires, créez des heures de soutien scolaire, rendez l'éducation civique obligatoire au brevet, la liste est longue… En 2001 vous êtes nommée ministre déléguée à la famille et à l'enfance. Vous êtes, avec Elizabeth Guigou, une des femmes emblématiques du gouvernement Jospin.

Mais vient le 21 avril… La majorité plurielle est décapitée, et François Hollande est propulsé leader de la gauche. La droite remporte une large victoire aux législatives et la gauche semble condamnée à attendre des jours meilleurs. Votre compagnon parvient néanmoins à contenir les divisions du PS, avec l'aide de Laurent Fabius. La gauche se refait une santé, profitant des mouvements sociaux qui secouent le gouvernement. Au PS, plusieurs éléphants se dévoilent comme présidentiables: Fabius, Strauss-Kahn, Lang… Les paris sont ouverts. C'est alors que tous ces petits jeux sont bouleversés : la gauche remporte une écrasante victoire aux régionales, François Hollande gagne ses gallons de général, ce qui redresse sa côte de popularité. Mais c'est de vous que vient la surprise : seule femme socialiste candidate, vous êtes largement élue à la tête de la région Poitou-Charentes, terre du premier ministre. Vous devenez le symbole de la victoire socialiste, et on vous surnomme déjà la « zapatera », les mauvaises langues disent que vos assistants vous appellent plutôt la « zapaterreur ». Les sondages vous classent première présidentiable devant tous les éléphants ainsi que Lionel Jospin et François Hollande. On imagine Paris-Match saliver d'avance à l'idée d'un duel entre vous et votre compagnon. Pourtant, cette éventualité n'est jamais évoquée. Certes vous ne refusez pas vos nouveaux habits de présidentiable, mais vous semblez le porter aux côtés de Hollande ; et celui-ci de dire à qui veut l'entendre : « c'est le meilleur qui l'emportera ». Les éléphants, eux, sont furieux : voilà 10 ans qu'ils préparent difficilement le terrain, et ils se font coiffer en quelques mois. Apparemment, l'éventualité d'une candidature provoque beaucoup moins de levées de boucliers au PS qu'à l'UMP : peut-être est-ce aussi parce que le PS n'est plus à un candidat près ?

Je vous remercie.

Par Jean-Marie Bordry

Résumé de la rencontre  

La décentralisation

Le processus de décentralisation en France a été initié par les lois Deferre de 1981 : les élus locaux gagnaient en responsabilité et «
devenaient majeurs » en s'émancipant du préfet.

Les réformes sur la décentralisation conduites par le gouvernement ont été effectuées à « grand renfort de publicité politique », mais c'est globalement une « réforme ratée, car une réforme confuse ».

Les faibles ressources des région (budget annuel de 480M€ en Poitou-Charentes) ne permettait pas la mise en œuvre des promesses électorales. La présidente a également mis en œuvre un plan de réduction de coûts de l'ordre de 10M€ et la vente des parts dans le Futuroscope (20 millions €). Il a en outre fallu augmenter les impôts fonciers de 15%, soit environ 6€/habitant en Poitou-Charentes.

Ségolène Royal entend faire jouer un rôle à sa région dans la lutte contre les effets de mondialisation, grâce notamment aux pôles de compétitivité . Une politique publique d'emploi a été mise en place sous forme « d'emplois tremplins ».

Ségolène Royal. Dauphine Discussion Débat, avril 2005

La Constitution européenne

> L'insécurité
Les principales insécurités sont celles liées au travail, au chômage, à l'accès au logement, à la santé. Ces insécurités engagent à une lutte pour davantage d'égalité. La polémique sur les chiffres doit cesser : il faut prendre les problèmes à la racine «
pour les extirper de la société. »

> L'Emploi
La suppression des contrats emploi-solidarité (CES) et des emplois jeunes était «
une bêtise ». La suppression de ces derniers, soit 50 000 postes, a fait de l'État la première entité en terme de suppression d'emplois… Or on constate à l'heure actuelle le gouvernement rétablit les CES et des contrats d'avenir qui sont en fait des emplois jeunes rebaptisés.

> Les 35 heures
«
Il y n'y jamais eu autant de création d'emploi que sous les 35 heures ». La seule erreur de la Gauche plurielle aura été de l'avoir appliquée dans la fonction publique et les hôpitaux. La remise en cause des 35 heures a déstabilisé les « entreprises citoyennes » face à celles qui n'avaient pas mis en place de RTT. Les 35 heures n'ont pas bénéficiés qu'aux cadres et aux nantis : le tourisme populaire, les loisirs populaires, le bricolage, etc. seraient en plein boom depuis la mise en place des 35 heures.

> L'immigration
«
La République doit accueillir tous ses enfants sans nier les différences mais sans tomber dans le communautarisme. » Le recours à la discrimination positive est envisageable, mais il faudrait d'abord l'envisager par l'école ; Ségolène Royal avait pour cela créé les Zones d'éducation prioritaires (ZEP). La réussite scolaire est une des clés de l'intégration

Ségolène Royal. Dauphine Discussion Débat, avril 2005

La Constitution européenne

« La France est attendue pour le franchissement d'une nouvelle étape ». Le problème est que tous ne s'accordent pas sur les valeurs communes à adopter ; alors que certaines voix s'élèvent en France pour constituer le manque de « social » dans la Constitution, une majorité de Britanniques lui reprochent de trop l'être !

« Cette Constitution n'est sociale, ni libérale. C'est un socle. » Prétexter le manque de « social » pour voter non est donc absurde. Car il n'y aura pas de renégociation, contrairement à ce que pensent 63% des Français !

 

Pour clore le débat…

Pour la député, le déficit de parité femmes/hommes tient au fait que les changements sont difficiles, tout simplement car « les hommes doivent laisser leur place ». Le scrutin uninominal à deux tours, comme c'est le cas actuellement pour les élections législatives, ne favorise pas non plus les candidates.

A la question « Et vous, que faites vous le matin quand… vous vous maquillez ? », Ségolène Royal a tout naturellement rétorqué : « Je suis déjà présidente ! »  

Dauphine Discussion Débat,  2008-2009