Dauphine Discussion Débat,  2008-2009

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Renaud Dutreil

UMP

Fonction actuelle* :

Ministre de la Fonction publique

Présentation :

M. Dutreil,

A voir votre parcours, on se dit que depuis toujours, vous avez voulu faire de la politique… Vous enchaînez Normale Sup', Sciences Po puis l'ENA et une fois cette panoplie complète de diplômes dans la poche, vous vous lancez directement dans les fonctions administratives, en devenant auditeur au Conseil d'Etat a 29 ans, avant d'être nomme trois ans plus tard en 1992, Maître des requêtes puis Commissaire du gouvernement.
Mais vous attendez vos 33 ans, pour avoir votre premier poste d'élu, en tant que suppléant d'André Rossi a l'Assemblée nationale. Vous lui succédez en 1994 suite a son
décès. Vous avez su gagner la confiance de vos électeurs de l'Aisne, puisque vous avez su conserver votre poste de député depuis.

On peut d'ailleurs dire que votre implantation dans ce département a été un travail de longue haleine, puisque, originaire de Savoie, vous vous exilez pour siéger au conseil municipal de Château-Thierry entre 1995 et 2001. Vous choisissez par la suite un petit village de 2727 habitants comme base arrière de votre carrière, toujours dans l'Aisne en étant conseiller municipal de Charly-sur-Marne. En plus de vos fonctions municipales, vous cumulez un poste de conseiller général du canton de Charly-sur-Marne depuis 1994.

Politiquement, vous a toujours été a droite, même si vous avez un peu tergiversé avant de faire partie de la famille chiraquienne. En 1997, alors que vous étés à l'UDF, vous lancez « l'appel de Valence » pour réunir toute la droite dans un seul et unique parti. Votre tentative n'aboutie pas, et du coup vous vous testez un peu tous les partis.

De l'UDF vous passez brièvement a Démocratie Libérale en 1998, lorsque le parti d'Alain Madelin a été créé, avant de repartir vers l'UDF 6 mois plus tard.

Finalement, en 2002, vous rejoignez l'UMP. Mais vous restez un libéral dans l'âme et c'est bien naturellement que Jean-Pierre Raffarin vous propose le poste de secrétaire d'Etat aux PME, au Commerce, à l'Artisanat, aux Professions libérales et à la Consommation de mai 2002 à mars 2004.

Pour fêter vos 40 ans, vous venez d'être nommé cette année ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat. A priori assez paradoxal pour un libéral de s'occuper du poste des fonctionnaires, le changement est radical par rapport a votre précédent poste. La vous aviez à faire à un public plutôt acquis a votre cause : les petits patrons et les indépendants. Alors, comment faire la transition au poste en charge de l'Etat quand on considère que le salariat est une forme dépassée d'emploi ? Il semblerait tout de même que vous arriviez assez bien a négocier avec des syndicats pas toujours acquis a votre cause…

Et puis, qui dit personnage politique, dit écrivain. Votre plus récent ouvrage date de 2001, mais il semblerait que votre premier livre publie en 1993 « Le coq sur la paille », ait lance une mode au sein de la droite. On pourrait même dire que vous étés un précurseur. La droite s'est mise, grâce a vous, a aimer les animaux : la preuve, Alain Madelin publie « Quand les autruches prendront leur retraite en 2003, puis 2004 voit la sortie du « Requin et la mouette » de Dominique de Villepin, et « Quand les abeilles meurent, les jours de l'homme sont comptés » de Philippe de Villiers.

En bref, nous pourrions dire que votre carrière politique, tout comme votre style et vos idées ont déjà fait leur chemin.

Par Anne Boring

Résumé du débat

Pour cette première réunion de l'année 2004-2005, vous avez été nombreux à venir discuter avec le ministre de la fonction publique. Trois thèmes ont été évoqués: la fonction publique (bien entendu!) et la réforme de l'Etat, l'entreprenariat en France et l'UMP...

I. La fonction publique et la Réforme de l’Etat

La cohésion sociale et la demande d’Etat sont des faits majeurs et historiques de la société française. L’objectif de la Réforme de l’Etat n’est donc pas de la remettre en cause mais plutôt d’aborder la question suivante: quel est le bon nombre de fonctionnaires pour maintenir cette cohésion?

Il existe trois domaines où la demande d’Etat est forte, permanente et aujourd’hui incontournable :

- la santé, qui ne cesse de croître

- l’intelligence, c’est l’économie du futur ou encore l’économie de la matière grise. A présent c’est sur la matière grise que l’on va construire un pays. L’économie de la matière perd de l’importance au profit de l’économie de l’immatériel.

- le plaisir et les loisirs, c’est l’économie de la culture qui commence à prendre une part considérable dans notre société, notamment avec la réduction du temps de travail.

Outre ces trois domaines, l’Etat a un devoir régalien de financer le « carré magique » pour maintenir la stabilité du pays: inflation, balance des paiements, croissance économique et emploi. L’Etat français doit donc faire des choix politiques puisque nous sommes contraints par le pacte de stabilité et par les impôts d’Etat qui ne peuvent plus augmenter : 44% du PIB.

L’objectif est par conséquent de garantir les devoirs étatiques sans augmenter le déficit public. Une réduction du nombre de fonctionnaires semble être la solution, et elle permettrait un maintien du pourvoir d’achat des fonctionnaires.


II. Les petites et moyennes entreprises, l’entreprenariat en France

« Entreprendre » est une caractéristique de la société humaine. Par contre, il existe différentes manières d’envisager l’entreprise. Pour les anglo-saxons, elle permet un déplacement, un avancement dans la société économique, alors que la vision française relève de la propriété.

En effet, dans les pays anglosaxons, c’est l’entrepreneur qui définit le bon niveau de capital social à investir au départ, en France ce sont les législateurs. La loi permettant la création d’une entreprise avec un euros assouplit le pouvoir des législateurs français sur les entreprises.

Cette manière d’appréhender une entreprise réduit les capacités d’entreprenariat des Français, il faut donc démocratiser l’entreprise en réduisant toutes les contraintes externes qui pèsent sur les entrepreneurs.

  III. L’UMP

Aujourd’hui un homme politique est avant tout un homme d’action. Les Français sanctionnent l’inaction et récompensent les hommes politiques qui prendront des risques.
De fait, un débat préliminaire rend les actions plus efficaces. Il faut réunir des sensibilités différentes et débattre sur les idées. Par la voie démocratique, les idées seront comptées et l’action retrouvera sa légitimité. C’est là la fonction de l’UMP : regrouper les idées pour pouvoir agir.  

9 novembre 2004

Livre d’Or

Date du débat :

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