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Dauphine Discussion Débat, 2008-2009 |



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Laurent Fabius |
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PS |
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Fonction actuelle* : |
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Député, Premier Ministre. |
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24 mars 2005 |
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Date du débat : |
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Liens connexes : |
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Résumé de la rencontre avec Laurent Fabius La Constitution européenne « Le texte est trop long ». Voici le premier argument de M. Fabius contre la Constitution européenne. Les 450 articles et les multiples annexes posent un problème démocratique pour une population qui tarde à essayer de comprendre le contenu du texte. Cependant, l'invité se défend d'être un opposant à la construction européenne. Il souligne qu'en tant que Premier ministre il a signé l'adhésion du Portugal et de l'Espagne en 1986, appuyé le traité le Maastricht en 1992 et participé à la mise en place de la monnaie unique en tant que Ministre de l'Economie et des Finances en 2000. Il faut donc une Constitution mais pas celle-là. Ce texte ne répond pas à certaines questions fondamentales : il ne définit pas le nombre de pays adhérents de l'Europe, aucun article sur la politique monétaire et agricole n'y figure et l'unanimité en matière fiscale sera un facteur d'immobilisme. Le Traité sera donc obsolète dans trois à cinq ans. Alors, quelles solutions ? M. Fabius propose « la règle des trois cercles ». Un premier cercle restreint aux pays fondateurs de l'Europe devra pouvoir avancer plus rapidement que les autres. Puis, un deuxième cercle sera composé des nouveaux pays entrants. Il seront aidés par le premier cercle. Enfin, le dernier cercle bénéficiera de liens privilégiés avec l'Europe sans pouvoir y entrer. Ce sont la Turquie, les pays du Maghreb et d'anciennes républiques soviétiques Europe orientale.
Le Parti socialiste Bien sûr, nous fait remarquer l'ancien Premier ministre, que les succès électoraux de 2004 sont dus à un vote sanction contre le gouvernement Raffarin. Mais, la gauche a su attirer ces votes au détriment d'autres partis politiques, comme l'extrême gauche ou l'UDF. Quant aux projets de son parti pour les mois à venir, M. Fabius reste des plus vagues. Sur l'insécurité, il ne propose rien de très nouveau : plus de prévention et davantage de proximité sont les clés de succès pour allier sécurité et liberté en France. En matière économique, M. Fabius fustige l'irresponsabilité de la droite à baisser les impôts en période de forts déficits.
Les présidentielles de 2007 Comme à l'UMP, le PS organisera une primaire pour élire son candidat, à condition qu'il y en ait plusieurs bien sûr... Selon M. le député, « ce qui manque à la France, c'est une adhésion à un projet commun ». Ainsi, le candidat de gauche devra avant tout être un rassembleur autour de deux notions fondamentales : le progrès et la protection. En effet, et pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la population pense que l'avenir sera plus dur que le présent. |
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Présentation de Laurent Fabius M. FABIUS. Né à Paris en 1946, vous êtes fils d'antiquaire. Vous entreprenez de brillantes études : diplômé de Sciences-Po, normalien, agrégé de lettres et enfin énarque en 1973. Votre carrière politique débute dès 1974 lorsque vous rejoignez le PS comme conseiller économique de François Mitterrand, alors premier secrétaire. Vous deviendrez son directeur de cabinet en 1978. Mais entre temps, vous décidez de vous implanter localement : d'abord premier adjoint au maire de Grand-Quevilly en 1977, vous êtes élu député de la Seine-Maritime en 1978. Après 22 ans de République gaulliste et libérale, l'arrivée de la gauche au pouvoir vous permet de briguer des postes ministériels : le budget, puis l'Industrie et la Recherche en 1983. Vous participez alors aux grandes réformes du candidat élu : nationalisations d'entreprises, réduction des inégalités et du temps de travail, ou encore l'ISF où les antiquaires ne sont heureusement pas concernés... Cependant, l'Etat de grâce du Président ne dure pas et très vite la gauche dévalue le franc avant de lancer un plan de rigueur. François Mitterrand vous choisit alors en 1984 pour remplacer Pierre Mauroy à Matignon. A seulement 37 ans, vous êtes pendant 2 ans le plus jeune Premier ministre de France. Vous vous engagez à, je cite : « moderniser la France et rassembler les français ». Pour la gauche, cette modernité passe par un changement de scrutin en vue des élections législatives de 1986. Vous prétextez qu'un vote à la proportionnelle introduira davantage de justice entre les circonscriptions... Personne n'est dupe et de toute façon, ce choix ne changera rien. La droite revient au pouvoir. Et Jacques CHIRAC, l'homme qui avait oublié que vous étiez Premier ministre lors d'une émission télévisée en 1985, prend votre place. « C'est dur », avez-vous confié en 1988, au lendemain de votre défaite contre Pierre Mauroy pour le poste de 1er secrétaire du PS. Oui dur M. Fabius, malgré le soutien ouvert de François Mitterrand, de ne pas être une nouvelle fois le plus jeune. L'hostilité des militants fut trop grande. Maigre consolation. Entre 1988 et 1992, vous présidez l'Assemblée Nationale. Au début, vous ne vous y plaisez guère. Le poste ne laisse pas beaucoup de place à l'action pour un jeune homme de 41 ans. A défaut, vous vous employez à retoucher le portrait d'une personnalité froide et incolore. Le succès est immédiat. La tactique payante. En 1992, vous accédez enfin au poste de premier secrétaire du PS. Une nouvelle épreuve bien plus grave vous attend et va durablement affecter votre carrière politique. En 1992, vous êtes mis en cause dans l'affaire du sang contaminé et traduit devant la Cour de Justice de la République. Vous obtiendrez une relaxe en 1999. En 1995, le candidat Jospin échoue à la présidentielle mais s'impose comme le leader de la gauche. Il vous faudra encore attendre. La même année, vous êtes élu maire de Grand-Quevilly. Avec la dissolution de 1997 et jusqu'en 1999, vous retrouvez le perchoir de l'Assemblée nationale. Puis de 2000 à 2002, vous êtes ministre de l'Economie et des Finances. Aujourd'hui, votre NON à une Constitution européenne, jugée selon vous trop libérale, a déclenché une vive controverse au sein du Parti socialiste. Le Point vous accole la célèbre phrase de Woody Allen : « Je réponds non, mais quelle est la question... ? ». Pourtant, une question reste sans réponse M. Fabius. D'où vient cette méfiance, ce rejet d'une partie de la gauche pour le fils préféré de l'ancien Président de la République. Etes-vous l'enfant gâté de la gauche ? Etes-vous trop brillant ? Enfin, êtes-vous le meilleur d'entre eux ? En tout cas, cette image vous colle à la peau depuis vos débuts en politique. Accusé par certains de vos pairs de social-libéralisme, vous réfutez cette étiquette. Et de toute façon, comme dirait votre plus fidèle allié Claude Bartolone : « ce n'est pas toujours le plus populaire dans les sondages qui gagne l'élection présidentielle ». Parlons pour finir de cette élection qui vous obsède tant. La bataille pour l'investiture présidentielle de 2007 sera impitoyable à droite comme à gauche. Alors que vos prétendants directs, les Hollande, Strauss-Kahn ou encore Lang, se bousculent déjà à la porte, vous avouez en toute simplicité, lors de l'émission 100 minutes pour convaincre en octobre 2003, que, je cite : « l'idée vous caresse l'esprit, le matin devant la glace ». Je vous remercie. Par Thomas Pallardy |
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*Les fonctions indiquées sont celles occupées ou ayant été occupées par les invités aux moments de leurs interventions. Photo : Service photographique de l'Assemblée nationale
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Dauphine Discussion Débat, 2008-2009 |