Dauphine Discussion Débat,  2008-2009

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Bernard Kouchner

PS

Fonction actuelle* :

Ministre de la santé [1992-1993, 1997-1999, 2001-2002]

 

 

16 mars 2005

Date du débat :

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Résumé :

 

Selon Bernard Kouchner, ancien ministre de la Santé, il ne faut pas rentrer dans les ornières de la médiatisation, et il faut juger sur les actes.

 

Les 35 heures

Cette mesure est inappropriée au service de santé publique : les soignants et médecins ne peuvent pas travailler aux 35h, puisque la prise en charge des malades ne peut pas être effectuée sur 35h, cette loi n'a pas de sens dans les hôpitaux. D'après Bernard Kouchner les médecins ont, pour la première fois, commencé à compter leurs heures.

Aujourd'hui la loi sur les 35h est un acquis, ni la gauche ni la droite ne reviendront dessus.

Les 35h ont été mises en place le 1er janvier 2002, le temps manquait pour former les nouveaux soignants. 3 ans sont nécessaires pour former une infirmière et 9 pour un médecin. Par conséquent les 35h ont fait beaucoup de mal au système hospitalier français.

Dans ce genre de prise de décisions « il faut préférer son pays à son parti ».

L'intervention en Irak

Bernard Kouchner est contre une intervention en Irak à proprement dit, mais en revanche favorable à une action visant à se débarrasser d'un dictateur, qui massacrait des millions de personne chaque année. Une intervention comme au Kosovo sous l'égide de l'ONU aurait été préférable.

Lors de cette intervention le consentement de l'ONU aurait été nécessaire.

Saddam Hussein a tué plus de personne avec les armes chimiques dans son pays que la dernière intervention militaire américaine en Irak. Cependant l'unique raison valable de cette intervention était la lutte pour les droits de l'homme.

Même si les américains ont fait des erreurs, notamment la démilitarisation de l'armée irakienne, et leur mauvaise attitude face au peuple irakien, Bernard Kouchner met en évidence le succès des premières élections libres en Irak.

Par sa prise de position, la France s'interdit d'envoyer des troupes en Irak. Son action consiste alors aujourd'hui à former des policiers irakiens en dehors du territoire irakien.

 

Tsunami

Lorsque les associations humanitaires ont demandé d'arrêter les dons, elles se sont mal exprimées, elles auraient due répartir l'offre des dons sur l'ensemble des causes humanitaires. En effet, les pays d'Asie touchés par le tsunami ne sont pas les seuls à nécessiter une aide humanitaire. De nombreux pays ne parviennent pas à recevoir de don à cause du désintéressement des média. La une d'un grand quotidien ou un reportage au journal télévisé de 20h sont les éléments qui permettent de récolter des fonds. Le manque d'image sur les catastrophes en Tchétchénie ou au Darfour impact directement les dons. Ce fait est « révélateur de la fragilité humaine ».

VIH/SIDA

En 2025, 95 millions de personnes mourront du SIDA. Et pourtant dans les pays occidentaux, comme la France on soigne aujourd'hui tous les séropositifs.

La Constitution Européenne

Selon Bernard Kouchner, rien n'est jamais parfait dans un texte, en revanche on peut toujours revenir dessus et l'améliorer. La vrai question du référendum est de savoir si l'on donne ce nouveau mode d'emploi à l'Europe ou alors si au contraire on conserve le traité de Nice.

Pour l'économie, avec la Constitution Européenne, il y aura une meilleure répartition amenant à moins de concurrence (qui commence à être dépassée de mode). De même pour la recherche, la Constitution permettrait une meilleure répartition entre les pays.

Le libéralisme est le moteur de l'Europe, par conséquent les pays qui ont un système en faveur du social seront forcément lésés, mais la France aurait dû y réfléchir auparavant.